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Témoignage : mariage mixte, après la mort du conjoint.

par : G.O-S , dans Amours » Mariage
Voici pour Afroplurielles le témoignage et l’exemple d’une européenne qui a décidé de rester au Cameroun après la mort de son mari, Kalispel Ango Ela, franco grecque mariée à Paul Ango Ela, brusquement arraché à la vie en 1998. Depuis lors elle anime une fondation qui porte le nom de son mari pour pérenniser son ?uvre.
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Les faits et le témoignage

C’est en 1981, alors étudiante à l’université de Paris I, que Kalliopi, de mère française et de père grec se lie à Paul Ango Ela, étudiant en géopolitique dans la même institution. Le couple convole en justes noces à Paris en 1987 et l’année d’après Ils s’installent à Yaoundé au Cameroun. Elle va rapidement être embauchée comme professeur de géographie au Lycée Français Fustel de Coulages de Yaoundé et Paul sera, quant à lui, recruté à l’Ecole Nationale supérieure d’Administration et de Magistrature comme enseignant en géopolitique. Kalliopi s’adapte très facilement à son nouvel environnement, aidée dit-elle, par « la très grande tolérance des personnes vis à vis des non-camerounais d’origine. Il n’y a aucune insistance spécifique pour suivre les traditions, les pratiques culturelles habituelles ».

Son intégration dans sa belle famille suffisamment tolérante s’est faite sans problème « Nous vivons ensemble avec beaucoup d’affection et beaucoup de tolérance. Elle a toujours été très présente. »

Malgré la mort de son mari, elle continue à aller de temps en temps dans son village situé dans le sud du Cameroun. Comme du vivant de son mari, sa pratique du boulou, la langue maternelle de Paul Ango Ela, reste embryonnaire, malgré les dix huit ans passés au Cameroun sur les quarante deux qu’elle compte aujourd’hui. « En ce qui concerne la langue, ce n’est pas simple pour moi. Je ne comprends pas trop mal mais pour ce qui est de parler, ce n’est vraiment pas évident, surtout lorsque vous n’avez pas le bon accent. Vous dites des choses de façon un peu grossière et c’est très embarrassant »

Etre restée au Cameroun après le décès de son mari est également l’occasion pour Kalliopi, de combattre certaines idées reçues. En particulier celles qui laissent penser que toutes les « blanches » retournent dans leur pays d’origine aussitôt après le décès de leur conjoint. Sur ce point elle pense « qu’il y a beaucoup de non camerounaises qui restent après le décès de leur conjoint, cela dépend parfois de la relation entre la belle famille et sa bru, mais si on arrive à dépasser cela avec la tolérance, l’amour et l’affection, alors la confiance s’installe et le problème ne se pose plus. » Pour autant pense-t-elle finir ses vieux jours au Cameroun, ce pays qu’elle « aime énormément » ? Là, la réponse est plus nuancée : « c’est plus compliqué que ça. Le Cameroun n’est pas plus mon pays que la France. Mais contrairement à la France et à la Grèce c’est le pays ou j’ai décidé de m’installer je crois que c’est ça la différence. »

De son vivant, Paul a intéressé beaucoup de camerounais à la géopolitique, il a vulgarisé cette matière et a entamer la création d’un centre d’analyse et de prospective géopolitique pour l’Afrique centrale. Mais ce centre ne pourra malheureusement pas voir le jour du vivant de Paul, car en 1998 il décède. Mais aidé de sa belle mère, Kalliopi, pour la mémoire de son mari, décide de continuer l’ ?uvre entreprise par Paul. C’est ainsi qu’elle va créer sur les cendres du centre, la Fondation Paul Ango Ela (FPAE), « Par devoir de mémoire, en hommage à un camerounais qui a fait progresser et vulgariser un domaine qu’il connaissait aux yeux du public. »

En 1999, l’aventure est lancée petitement et progressivement les choses sont mises en place. Aujourd’hui la FPAE est une équipe pluridisciplinaire de plus de 10 chercheurs ou se côtoient politologues, juristes, ingénieurs forestiers, économistes, historiens, spécialistes de la sécurité. C’est un centre de documentation plutôt très fourni. Le sérieux de ce travail vaut à la FPAE d’être aujourd’hui sollicitée pour son expertise : organisation et animation de colloques, et de séminaires. La FPAE tisse progressivement sa toile à travers des partenaires locaux, sous régionaux et européens et au vu de ce qui se passe Kalliopi peut envisager l’avenir avec optimisme.




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